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La responsabilité stratégique du Dirigeant

La responsabilité stratégique du Dirigeant

Jacques Gillot-Péan – Mars 2020

 

Contrairement au territoire de la politique qui renvoie au pouvoir (jeu des alliances et gestion des divergences) ou à celui de la tactique qui traite de la mise en œuvre d’actions (opérationnalité et adaptation aux événements), le territoire de la stratégie relève du monde de la pensée (production d’une vision et traduction en objectifs).

 

Ces trois champs sont complémentaires et interagissent : la pensée sans parole pour la porter et sans action pour la concrétiser reste stérile, le pouvoir sans réflexion devient rapidement dangereux, l’action sans socle théorique solide peut devenir un passe-temps futile. Toutefois, sans être prioritaire, la pensée apparaît comme première : un Dirigeant (ou une équipe de direction) a pour principale responsabilité la définition et la conduite de la stratégie de l’entreprise.

 

Cette responsabilité recouvre essentiellement trois axes :

 

 

1. Dessiner un futur mobilisateur

«Il n’y a pas de vent favorable pour qui ne connaît pas son cap»
(Sénèque)

Le premier axe de la responsabilité stratégique d’un Dirigeant consiste à élaborer et à communiquer une vision pour l’avenir afin de donner du sens à l’action. Pour éviter le syndrôme des pensées éthérées, des doux rêves ou des vœux pieux, cette réflexion se formalise dans un document qui fixe le cap pour les années à venir (en général, 3 ans) et qui prend des formes différentes selon l’approche du Dirigeant : un projet d’entreprise (s’il s’agit de clarifier l’identité de l’entreprise, sa raison d’être et sa valeur ajouté), un plan de développement (s’il s’agit de définir une ambition de conquête et de croissance) ou un plan d’orientation stratégique ( s’il s’agit de dégager les grandes priorités de l’entreprise en prenant en compte toutes les dimensions qui la constituent).

 

Quel que soit le choix du Dirigeant, la vision partagée s’appuie toujours sur un diagnostic, un pronostic, une ligne directrice fondatrice, des objectifs et une planification.

 

 

 

2. Garantir les équilibres financiers

«La seule garantie de la liberté c’est l’indépendance financière»
(Jean-Claude Clari)

Le deuxième axe de la responsabilité stratégique d’un Dirigeant consiste à garantir les équilibres financiers à chaque exercice et pour la durée du plan à moyen terme. C’est le prix à payer pour la pérennité de l’entreprise sans quoi tout projet d’avenir ne peut voir le jour. C’est, aussi, ce qui justifie le mandat d’un Dirigeant pour assurer la sécurité du contrat social sans quoi les confits surgissent, les ressources clefs partent à la concurrence et la dégénérescence de la société advient.

 

Pour cet axe, le Dirigeant avec toute son équipe et ses relais managériaux doit :

 

 

 

3. Créer la cohésion de la collectivité humaine

«Seul on va vite, ensemble on va loin»
(proverbe africain)

Enfin, le troisième axe de la responsabilité stratégique d’un Dirigeant consiste à garantir la cohésion de la communauté humaine. Rien ne sert de courir seul, il est préférable d’aller à point et d’atteindre son but, ensemble et pour le bien commun car on n’est jamais aussi fort que lorsqu’on est solidaire.

 

Conduire des changements nécessaires à la réussite et à la pérennité génère toujours des interrogations, des peurs, des résistances ou des confits. Pour conserver la cohésion du corps social et faire en sorte que chacun trouve une place dans le train du changement, le Dirigeant doit maîtriser les déstabilisations de la collectivité humaine qu’il anime (méthodologie et savoir-faire de la conduite du changement).

 

 

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